LA POISON

La poison est un film français réalisé par Sacha Guitry, sorti en 1951.

♦ Synopsis :

Paul Braconnier et sa femme Blandine n'ont qu'une seule idée en tête : trouver le moyen d'assassiner l'autre sans risque. Suite à une émission de radio, Paul décide de monter à Paris pour rencontrer un célèbre avocat spécialisé dans l'acquittement des assassins. Il fait croire à l'avocat qu'il a tué sa femme. L'avocat interroge Paul pour reconstituer les circonstances du drame. Sans le savoir, il explique, bien malgré lui, la marche à suivre pour que Paul assassine sa femme tout en étant certain d'éviter la prison....

♦ Fiche technique :

  • Titre : La poison
  • Titre original : La Poison
  • Réalisation : Sacha Guitry
  • Scénario, Adaptation, Dialogue : Sacha Guitry
  • Production : Paul Wagner, Alain Poiré
  • Société de production : Gaumont
  • Musique : Louiguy
  • Photographie : Jean Bachelet
  • Montage : Raymond Lamy
  • Décors : Robert Dumesnil, assisté de Jacques Brizzio
  • Maquillage : René Daudin
  • Assistant réalisation : François Gir
  • Son : Fernand Janisse
  • Pays d'origine : France
  • Format : Noir et blanc - 1,37:1 - Mono - 35mm
  • Genre : Comédie dramatique
  • Durée : 85 minutes
  • Date de sortie : 30 novembre 1951 (Paris)
  • Visa d'exploitation : 11869

 

♦ Distribution :

  • Michel Simon : Paul Louis Victor Braconnier, horticulteur
  • Germaine Reuver : Blandine Braconnier, la femme de Paul
  • Jean Debucourt : Maître Aubanel, le célèbre avocat
  • Louis de Funès : André Chevillard, un habitant de Rémonville
  • Marcelle Arnold : Germaine Chevillard, la femme d'André
  • Georges Bever : Mr Gaillard, le pharmacien de Rémonville
  • Nicolas Amato : Victor Boitevin, un habitant
  • Jacques Varennes : Le procureur
  • Jeanne Fusier-Gir : Mme Tyberghen, la fleuriste
  • Pauline Carton : Mme Michaud, la mercière
  • Albert Duvaleix : L'abbé Méthivier
  • Léon Walther : L'avocat général
  • Henry Laverne : Le président du tribunal
  • Harry Max : Henri, un habitant
  • Jacques de Féraudy : M. Jean Brun, un homme défendu par l'avocat
  • Jacques Derives : Jules Martinet, un habitant
  • Robert Mercier : Fernand Gaudin, un habitant
  • Yvonne Hébert : Ernestine Abajoue, une habitante
  • Luce Fabiole : Amélie Berthelon, la servante du curé
  • Marthe Sarbel : Julie Poitrineau, une habitante
  • Max Dejean : Gustave Battendier, l'épicier
  • Michel Nastorg : Un gendarme
  • Louis Eymond : Le secrétaire de l'avocat
  • André Dalibert : Un gendarme
  • Marie Fromet : Mlle Aubanel
  • Suzanne Dantès : La voix à la radio
  • Jacques Morel : La voix à la radio
  • Maurice Pierrat : La voix à la radio
  • Jean Toscane : Le speaker de la radio
  • Roger Poirier : Louis Colledepatte
  • Henri Belly : Marc, un habitant
  • Thérèse Quentin : Thérèse Chignol
  • Emile Riandreys : Le géôlier
  • Bob Ingarao : Un homme qui porte Paul à la sortie du car
  • Claude Rich : "sous réserve" : Un habitant
  • Apparaissent lors du générique les techniciens et collaborateurs suivants :
    • Sacha Guitry
    • Robert Dumesnil
    • Raymond Lamy
    • Jean Bachelet
    • Odette Lemarchand
    • Fernand Janisse
    • Irénée Leriche
    • Gustave Raulet
    • Robert Christidès
    • Robert Sussfeld
    • René Ribaud
    • François Gir
    • Louiguy
    • Lucienne Delyle

♦ Commentaires :

Dans le générique de début, Guitry précise à Pauline Carton que le décor de la prison est exact car il a été réalisé à partir de ses souvenirs. L'homme n'a toujours pas digéré son incarcération de 60 jours. Amer, il livre un film noir, intemporel et froid. Paul Braconnier, joué superbement par Michel Simon, applique à la lettre le principe : prêcher le faux pour avoir le vrai. Il y a du Chaplin dans la scène du procès (Le Dictateur et Monsieur Verdoux). Caustique et cynique, Paul Braconnier se défend en retournant les accusations du président du tribunal, arguant que s'il n'avait pas tué sa femme, il ne serait pas là pour en entendre le reproche. Sa femme avait le désir de le supprimer et avait, à cet effet, mis de la mort aux rats dans son verre que, par chance pour lui, il n'a pas bu.

Guitry n'épargne pas non plus les villageois qui viennent en masse soutenir Braconnier. Ils sont tous là pour le remercier car son crime a donné une couverture médiatique et par la même occasion une seconde vie économique au village qui en avait bien besoin. Ils sont plus hypocrites que solidaires. En outre, le cinéaste emploie un montage parallèle pour montrer les enfants qui parodient les adultes. Laissés à la garde de la fleuriste, ils font le procès à leur manière. Et comme la vérité sort de la bouche des enfants, ils miment la condamnation et l'exécution de Braconnier qui n'a pas lieu car il est acquitté.

Comme toujours, les critiques ne furent pas enthousiastes pour le film. La plupart se concentraient sur le générique où l'on voit Guitry faire l'éloge des acteurs et des comédiens. En fait, ce générique annonce le thème du film : l'éloge. Eloge du mensonge, éloge de la prise d'initiative. Et quand bien même il y aurait de la mysoginie, elle n'est pas dirigée contre les femmes mais uniquement contre l'acariâtre épouse Braconnier.

Mais il ne faut pas non plus négliger l'aspect critique du film. Critique économique tout d'abord. Le village de Remonville est en crise économique, les commerces ne se portent pas très bien. Nombreux sont ceux qui souhaitent un événement qui apporterait une couverture médiatique, et par conséquent des visiteurs qui feraient tourner le commerce plutôt moribond. Pour cela, certains vont voir le prêtre pour lui suggèrer de faire croire à un miracle. Ce que celui-ci refuse.
Critique sociale ensuite. La couverture médiatique entraine un afflux de curieux voulant voir la maison du crime. Le cinéaste égratigne à la fois les curieux, les commerçants fanatiques qui ont plantés le couteau dans un pain, accompagné d'une interdiction de toucher, et les policiers qui n'ont pas conservés l'arme du crime et mis la maison sous scellés. Critique sociologique également car l'avocat Aubanel, tout à la joie de son centième acquittement, se livre à une apologie de son style et de ses convictions, soutenant des thèses parfois effrayantes sur les criminels. Enfin, critique des médias qui, tels des rapaces, vont de faits divers en faits divers, tous plus morbides les uns que les autres. Ils font à l'avocat Aubanel une publicité qui aura pour lui de fâcheuses conséquences, et se précipitent au village une fois le crime connu.

♦ Autour du film :

  • Tournage du 10 septembre au 25 septembre 1951 aux studios de Neuilly
  • Michel Simon, dans un entretien accordé aux Cahiers du cinéma, évoque le film. Il y explique que Sacha Guitry lui a demandé ce qu'il aimerait. Simon lui répondit qu'il détestait plus que tout autre chose refaire deux fois la même prise; seule la première est la bonne car après il se répète. Guitry a alors averti toute son équipe qu'une seule et unique prise pour chaque scène serait réalisée. La mise en scène ne nécessita que 11 jours.
  • Sacha Guitry apparait dans le générique de son film et, durant cinq minutes, fait l'éloge de ses acteurs et de ses techniciens.
  • Remake : Un crime au paradis de Jean Becker en 2001 avec Jacques Villeret, Josiane Balasko.

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